Symptômes et diagnostic

Les symptômes

Généralement, les symptômes du diabète de type 1 apparaissent de manière soudaine en quelques jours ou quelques semaines. Ils surviennent chez l’enfant le plus fréquemment aux alentours de 5 et 12 ans, rarement dès la naissance (Cf. Facteurs de risque). Chez certaines personnes, la maladie est asymptotique et ne se manifeste qu’après des années lorsqu’environ 90% des cellules B sont détruites. Les signes révélateurs sont les suivants :

  • Polydipsie (soif excessive), bouche sèche et augmentation de la faim
  • Perte de poids provoquant un amaigrissement important
  • Mictions fréquentes nuits et jours (besoin d’uriner) et polyurie (urines abondantes)
  • Fatigue générale, manque d’énergie
  • Sécheresse et démangeaisons de la peau
  • Cicatrisation lente des plaies
  • Infections fréquentes au niveau des gencives, de la vessie, du vagin, de la vulve ou du prépuce
  • Insensibilité (ou fourmillement) des mains et des pieds
  • Vision trouble
  • Nausées et vomissements possibles

Lorsque le diabète se révèle dès la naissance, d’autres symptômes sont propres au nourrisson :

  • Erythème fessier sévère (rougeurs)
  • Uriner en permanence (mictions)
  • Malaises et parfois vomissements
  • Faible prise de poids malgré un bon appétit et de la soif
  • Déshydratation possible

Diagnostic

L’examen clinique préalable permet la vérification de  la présence d’acétone dans les urines (à l’aide d’une bandelette), évoquant la présence d’une acidocétose diabétique : une des complications les plus sévères. Parfois un bilan sanguin détecte la présence d’auto-anticorps dirigés contre les cellules B du pancréas, mais leur absence n’élimine pas le diagnostic.

Le diagnostic se traduit par une ou deux prises de sang selon les symptômes, analysées en laboratoire afin de mesurer la glycémie (taux de glucose dans le sang). Il est positif lorsque :

  • La glycémie à jeun est supérieure ou égale à 1,26 g/L donc à 7 mmol/L contrôlée à deux reprises afin de vérifier les résultats obtenus
  • La glycémie 2h après une charge orale de 75 g de glucose est supérieure ou égale à 2 g/L donc à 11 mmol/L
  • la glycémie, à n’importe quel moment de la journée, est supérieure ou égale à 2 g/l en présence de symptômes (polyurie, polydipsie et amaigrissement)

Il peut engendrer un bilan des facteurs de risque cardio-vasculaire (bilan lipidique) ou une consultation ophtalmologique qui serviront de référence pour le suivi ultérieur.

Si le diagnostic est confirmé, l’hospitalisation est systématique. Elle permet de réaliser un bilan complet, de mettre en place le traitement à l’insuline adaptée au patient ainsi qu’une éducation thérapeutique.

Tous les deux à trois mois, un nouvel examen sanguin est effectué. Il a pour but de mesurer le taux de glucose, ainsi que celui des HbA1C (hémoglobines glyquées) permettant d’avoir des informations sur la façon dont le diabète a été contrôlé dans les 8 à 12 semaines précédant la prise de sang. Une fois par an, le cœur, les yeux, les pieds et le système nerveux sont examinés pour dépister d’éventuelles complications du diabète.

Les effets sur l’organisme

Les complications aiguës

Ces éventuelles complications surviennent sous forme de malaises graves lorsque la maladie n’a pas été traitée ou lorsque le traitement n’est pas adapté, elles ne se maintiennent donc pas tout au long de la vie.

L’acidocétose diabétique (ACD)

Cette complication survient lorsqu’une personne présente une glycémie extrêmement élevée, due à une carence sévère en insuline ou un niveau élevé des hormones glucagon, catécholamines, cortisol ou l’hormone de croissance (qui vont inhiber l’action de l’insuline). Le glucose s’accumule alors dans le sang, mais ne peut être utilisé pour produire de l’énergie (Cf. Les causes du diabète). Le corps le remplace alors par une autre source d’énergie, les acides gras (lipides). Normalement l’insuline inhibe la dégradation des lipides (ce qu’on appelle la lipolyse, un processus catalysée par les lipases) car elle favorise le stockage. La carence en insuline provoque donc un accroissement de la lipolyse. Cela entraîne une libération des acides gras libres, qui au niveau du foie sont convertis en corps cétoniques (b-hydroxybutyrate et acetacetate). Un excès de corps cétoniques provoque l’acidification du sang et de l’urine (acidocétose). Les corps cétoniques peuvent être convertis en acétone, donnant une odeur particulière à l’urine et l’haleine.

(Pour plus de détails sur l’acidocétose diabétique, consultez les liens http://www.chups.jussieu.fr/polys/diabeto/POLY.Chp.8.html et  http://www.huderf.be/FR/edu/diabeto/pdf/rmb2010_suppl_diab_9.pdf)

L’acidocétose diabétique est associée à un risque élevé de décès qui augmente avec le temps : plus le dérèglement métabolique est découvert tardivement, plus le risque d’invalidité permanente et de décès est important. Près de 80% des jeunes diabétiques sont déjà sujet à cette complication au moment du diagnostic.

 Cette maladie est décelable grâce aux symptômes suivants :

  • une haleine au parfum de pomme caractéristique
  • une déshydratation
  • des nausées et vomissements
  • des maux de ventre
  • des difficultés pour respirer
  • une confusion
  • un coma dit « acidocétosique » (cause la plus fréquente de décès lié au diabète de type 1)

Si ces symptômes apparaissent, une hospitalisation en urgence est recommandée.

Le coma hyperosmolaire

Cette complication rare se manifeste notamment chez les sujets de plus de 60 ans lorsque la glycémie est très élevée en présence d’autres facteurs tels qu’une forte déshydratation  lors d’une infection. Elle nécessite une hospitalisation et une réhydratation en urgence car elle est fatale dans plus de 50 % des cas pour cause d’une baisse brutale de la tension artérielle malgré le traitement à l’insuline administré en urgence.

Ses symptômes sont les suivants :

  • une déshydratation intense
  • une chute de la pression artérielle
  • des épisodes de confusion et d’étourdissements, voire un coma dit « hyperosmolaire ».
L’hypoglycémie

Il s’agit d’une baisse excessive de la glycémie, provoquée le plus souvent par un apport alimentaire en sucres insuffisant ou par une activité physique inhabituelle, mais qui peut également être liée à d’autres causes, comme une infection. Lorsqu’elle est sévère, l’hypoglycémie se traduit par une perte de connaissance et présente donc un réel danger. C’est pourquoi il est indispensable pour un diabétique de connaître parfaitement les signes et les calmants spécifiques d’une éventuelle hypoglycémie afin d’éviter une crise sévère, ainsi qu’une carte signalant le diabète, essentielle en cas de secours médical. Si une hyperglycémie vient à se révéler, boire ou manger le plus rapidement possible des aliments riches en sucres permet de limiter ses effets. Elle se distingue par :

  • des tremblements
  • des sueurs
  • une faiblesse
  • des troubles de l’attention
  • une faim
  • des vertiges
  • une nervosité et une irritabilité
  • des palpitations
  • des nausées
  • une peau froide et moite

Les complications à long terme

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Les complications du diabète (Source image : Atlas de la FID, 6ème édition, 2013)

Lorsqu’elle persiste plusieurs années, une concentration élevée de sucre dans le sang peut provoquer des problèmes de santé graves touchant le système cardiovasculaire, les yeux, les reins et les pieds. Ces complications à long terme affligent une proportion importante des diabétiques : environ 4 sur 10 en souffrent. Le risque de les développer dépend de nombreux facteurs tels que la qualité du contrôle de la glycémie, des prédispositions génétiques éventuelles, le sexe, l’équilibre alimentaire ou l’activité physique. De plus, les personnes atteintes de diabète sont d’avantage exposées aux infections. Néanmoins, le maintien de la glycémie, de la tension artérielle et du cholestérol à un niveau proche de la normale, permis grâce à un suivi régulier, peuvent contribuer à retarder ou à prévenir les diverses complications tardives.

Les maladies cardiovasculaires

Le diabète favorise  la perte d’élasticité des artères et leur rétrécissement par dépôt de plaques d’athérome sur les parois internes des artères. L’hypertension, associée à une alimentation trop riche en graisses, accélère ce dépôt. Avec le temps, ces plaques tendent à se durcir en devenant fibreuses et en se calcifiant : c’est l’athérosclérose. De plus, la concentration excessive et permanente de glucose dans le sang altère les gros vaisseaux sanguins et entraîne des lésions vasculaires. Cela augmente les risques de développer une maladie cardiovasculaire qui sont de 2 à 4 fois plus fréquentes chez les diabétiques que dans la population générale (maladie coronarienne, infarctus du myocarde, AVC, artérite des membres inférieurs), première cause de décès et de handicap parmi les diabétiques. Les complications du coeur et des artères sont 2 à 3 fois plus fréquentes chez les diabétiques que dans le reste de la population. Ces complications peuvent être réduites par l’activité physique, la régulation de la tension artérielle et un faible taux de cholestérol. Par ailleurs, le tabac augmente considérablement le risque de problèmes cardiovasculaires.

La rétinopathie diabétique

Le diabète de type 1 est parfois à l’origine de lésions des vaisseaux sanguins alimentant la rétine : c’est la rétinopathie diabétique. Elle est provoquée par une hyperglycémie persistante associée à une hypertension et à un taux de cholestérol élevé.  La paroi des capillaires devient plus fragile, et peut laisser passer du sang, formant un caillot qui se transforme en microanévrysme ou liquide, la rétine gonfle, c’est l’oedème rétinien au niveau de la macula. Si le sang n’arrive plus dans cette zone de la rétine, les capillaires peuvent s’obstruer: c’est l’ischémie. De nouveaux capillaires (les néovaisseaux) se développent alors à la surface de la rétine, dans la zone d’ischémie : la rétinopathie est proliférante. A ce stade, la maladie peut encore s’aggraver : hémorragie dans le vitré (les néovaisseaux sont fragiles et saignent), décollement de la rétine, glaucome (augmentation de la pression dans l’œil). Cette affection s’installe progressivement sans gêne ressentie, et peut entraîner à terme une baisse de la vision (malvoyance) ou une perte de la vision (cécité). Seul un dépistage régulier (examen de la rétine ou fond d’œil au moins une fois par an) permet de faire un diagnostic précoce et de mettre en route un traitement préventif efficace de ces complications visuelles irréversibles.

La néphropathie diabétique

Une atteinte des vaisseaux sanguins (macrovasculaire) peut également entraîner une insuffisance rénale : il s’agit de la néphropathie diabétique, très fréquente.  Les déchets et toxines passent du sang des capillaires dans l’urine à travers une membrane : la membrane de filtration des glomérules (petits filtres formant l’urine). La paroi des capillaires des glomérules s’altère et la membrane de filtration devient plus fragile. Ainsi certaines protéines (en particulier l’albumine) passent dans l’urine en quantité anormale. Les dommages subis par les petits vaisseaux rendent donc les reins moins performants ou les empêchent de fonctionner, ce qui peut conduire, dans les formes graves, à une maladie rénale chronique et une mise sous dialyse (rein artificiel). Le risque de néphropathie est réduit par un contrôle de la tension artérielle.

La neuropathie diabétique

Lorsque la glycémie et la tension artérielle sont très élevées, l’accumulation du glucose et de ses dérivés (sorbitol) au niveau des nerfs crée une série de modifications chimiques qui finissent par altérer les nerfs et former des lésions nerveuses dans l’ensemble du corps : c’est la neuropathie. C’est l’une des plus fréquentes complications chroniques du diabète entraînant d’autres complications. L’altération peut aller de l’atteinte fonctionnelle (ralentissement de la conduction électrique) jusqu’à l’atteinte structurelle du nerf. Cette maladie est caractérisée par des troubles digestifs et des problèmes de miction dus à un mauvais contrôle de la vessie (atteinte du système neurovégétatif), des chutes de la pression artérielle (hypotension orthostatique), des douleurs, des anomalies de la sensibilité ainsi que par une faiblesse musculaire et sexuelle (trouble de l’érection). Les extrémités, en particulier les pieds, sont les plus couramment touchées par ces lésions nerveuses : il s’agit alors d’une neuropathie périphérique. Cependant la maladie touche aussi les nerfs du système nerveux autonome qui commandent le fonctionnement des viscères. Elle se forme dans les 10 premières années du diabète chez 40 % à 50 % des diabétiques.

Le pied diabétique

La neuropathie sensitive provoque la perte de l’alerte « douleur » par lésions nerveuses et vasculaires des pieds et des jambes : les blessures ne sont alors pas ressenties. Cette complication augmente donc de façon importante le risque de développer des infections graves ou ulcérations profondes du pied sans que le patient ne s’en aperçoive. Une hospitalisation prolongée ou amputation sont parfois nécessaires : le risque d’amputation est 25 fois supérieur chez les personnes atteintes de diabète, 9 000 français diabétiques ont dû subir une amputation d’un membre inférieur en 2007. D’une manière générale, la cicatrisation des plaies et blessures est ralentie causant des sensations douloureuses (ou des fourmillements).

Il est donc nécessaire d’inspecter soigneusement ses pieds, d’éviter de marcher pieds nus, de prendre garde aux coupures et d’avoir une bonne hygiène. Pour cela, quelques précautions sont à respecter au quotidien telles que :

  • Laver ses pieds tous les jours, en contrôlant la température de l’eau avec la main avant de commencer sa toilette.
  • Les sécher correctement, en particulier entre les orteils.
  • Utiliser éventuellement une crème hydratante formulée pour les pieds.
  • Attendre qu’ils soient bien secs pour enfiler des chaussettes propres et des chaussures confortables, qui ne blessent pas.

Pour évaluer la sensibilité des nerfs, le médecin utilise un fil de nylon relié à un dispositif rigide (test au monofilament dit « de Semmes-Weinstein »). Il l’applique en trois endroits de la plante du pied (pulpe du gros orteil, base des orteils), puis demande au patient s’il en ressent le contact.

Une perte de souplesse des articulations au niveau des pieds est également fréquente lorsque le diabète est mal contrôlé par le traitement.

Les parodontopathies

Le diabète est un facteur de risque reconnu des parodontopathies (maladies des gencives), et notamment d’inflammations (gingivites) chez les personnes dont la glycémie est mal maîtrisée. En effet, l’hyperglycémie favorise la multiplication des bactéries de la plaque dentaire créant une inflammation pouvant conduire à la perte des dents. De plus, la gingivite augmente le risque de maladie cardiovasculaire.

Date de publication de l’article: 13 avril 2016

Dernière mise à jour: 21 juin 2016

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